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14 septembre 2020
Portrait

Nos ingénieurs ont du talent - Portrait de Pauline Miens (2011)

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Quel a été ton parcours à HEI : formation /spécialité, vie associative, projets, stages ?

J’ai intégré HEI dès la première année (Promotion 2011).

Travailler dans le milieu de la santé m’a toujours attiré, c’est pourquoi je me suis naturellement orientée vers l’option IMS.

Les différents stages que j’ai pu effectuer dans les hôpitaux de la région ont confirmé mon souhait de m’orienter vers le métier d’ingénieur biomédical hospitalier.

J’étais présidente de l’association sportive Freestyle (roller, skateboard, BMX) au BDS et j’ai fait partie de l’association Amaryllis qui, chaque année, envoyait des étudiants dans le but de promouvoir le projet humanitaire aux Philippines. Je ne sais pas si ces associations existent encore ?

 

Quel est ton meilleur souvenir à HEI ?

L’intégration, le « père Noël », les « nuits H » et le trophée sportif annuel.  

C’est un peu loin maintenant et je suis curieuse de savoir par quoi tous ces événements ont été remplacés !

 

Quel a été ton parcours professionnel depuis ta sortie d’HEI ?

Quand je suis sortie d’HEI, la spécialisation IMS était assez récente et par conséquent le réseau de l’école encore peu établi dans le domaine médical. J’ai donc opté pour un mastère spécialisé à l’UTC dans le domaine de l’ingénierie biomédicale hospitalière. Cela m’a permis de disposer d’un bagage technique et d’un réseau suffisant pour pouvoir être embauchée par la suite au CHRU de Nancy où j’ai pu au préalable effectuer ma thèse professionnelle.

 

Quelle est la journée type de ton métier ?

Pas vraiment de journée type : les journées ne se ressemblent pas !

Les rôles de l’ingénieur biomédical hospitalier consistent principalement à :

  • piloter des projets d’installation d’équipements médicaux  plus ou moins lourds dans le cadre de créations, de restructurations ou de déménagements de services médicaux. Il coordonne de manière fonctionnelle plusieurs corps de métiers (hygiénistes, services techniques, informaticiens, pharmaciens, utilisateurs, physiciens, fournisseurs, chercheurs, acheteurs, ainsi que sa propre équipe de techniciens ) pour mener à bien les projets de l’établissement depuis l’acquisition du matériel jusqu’à sa mise en service.
  • Gérer le parc d’équipements biomédicaux de son établissement. Il manage pour cela une équipe de techniciens (35 au CHRU de Nancy) et gère en sus la politique de maintenance. Il gère également toutes les alertes de matériovigilance ascendantes ou descendantes sur le matériel qu’il possède.

Mais il a également d’autres missions :

  • conseil et expertise technique. Il faut donc en permanence s’actualiser par de la veille technologique
  • revendeur de matériel biomédical, une fois celui-ci réformé

 

Qu’est-ce que tu aimes dans ton métier ?

L’imprévu ! Si tout se passait bien dans tous les projets on s’ennuierait !

La possibilité de pouvoir sortir facilement de son bureau pour aller voir une intervention chirurgicale (par exemple) afin de mieux cerner le besoin utilisateur et proposer rapidement un équipement adapté.

La possibilité d’échanger avec différents corps de métiers

La possibilité de voyager au travers de congrès, de visites de sites hospitaliers ou d’usines pour aller voir des évolutions technologiques pas encore installées en France en vue d’un projet d’établissement.

 

Etant en première ligne, comment as-tu vécu l’épidémie du COVID19 ?

Nancy étant situé dans le Grand Est, nous avons été le deuxième gros CHRU après Strasbourg à recevoir les premiers patients COVID+ pour décharger les établissements alsaciens voisins.

Les urgences ont été rapidement saturées dans toute la région.

Nous disposions d’une unité spécialisée de quelques lits pour accueillir les patients graves atteints du SARS-CoV-2. Celle-ci a été rapidement saturée et les nouveaux cas graves ont été rebasculés dans les services de réanimation et soins continus. Ces services continuaient alors d’accueillir des patients issus de l’activité chirurgicale programmée (je précise que les flux patients ont été clairement identifiés). Lorsque les clusters ont explosé, ces services se sont également retrouvés rapidement saturés, il a fallu arrêter toute activité programmée et transformer les services de surveillance post interventionnelle (sspi) des blocs opératoires en nouveaux services de réanimations/soins continus (COVID + / NON COVID). Lorsque notre capacité à faire dans la région s’est retrouvée définitivement saturée, des patients stables ont pu être transférés en train dans d’autres CHU, moins impactés par la crise.

En parallèle, l’activité médicale programmée ayant été stoppée, un bâtiment complet a été réquisitionné pour accueillir les patients COVID+ hospitalisés.

 

Pour toutes ces créations de service ou ces transferts de patient, notre rôle a consisté à trouver du matériel en masse et à l’installer le plus rapidement possible. Tous les pays ayant passé leurs commandes en même temps, les capacités en production des usines ne suivaient plus ; nous avons été rapidement confrontés à des délais de livraison de plus d’un mois pour du matériel neuf car tous se battaient pour obtenir le matériel en priorité. Or, il nous fallait ce matériel sous 2-3 jours pour agir rapidement. Nous nous sommes donc rapidement rabattus sur d’autres solutions : prêts matériels par les fournisseurs sur leurs stocks de démonstration, prêts par des cliniques vétérinaires, prêts par les facultés de médecine, rachat de matériel de seconde main à des revendeurs de matériels médicaux/brokers.

 

Nous avons eu également un rôle d’expertise technique pendant la crise : répondre aux sollicitations des laboratoires de recherche, des grandes écoles ou des particuliers pour l’impression 3D de matériels ou pièces détachées, traduire des notices d’équipements inconnus sur le marché européens et donnés par la Chine et tester l’efficacité de ces équipements.

 

Enfin, lorsque le pic est redescendu, le travail a été tout aussi complexe pour retrouver le matériel, tout démonter, tout stocker.

 

L’entraide et la communication ont été les éléments clés dans cette gestion de crise aussi bien en interne qu’en externe.

 

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu aux jeunes diplômés HEI ?

Si tu veux devenir ingénieur dans le milieu de la santé, fais des stages dans le domaine et surtout travaille bien ton réseau.

N’oublie pas que c’est sur le terrain qu’on apprend le métier, plus tu seras curieux, plus tu gagneras en expérience !

Je conseillerai aux étudiants IMS de participer chaque année, comme d’autres écoles, au journées AFIB, c’est le congrès annuel des ingénieurs biomédicaux, où les occasions de déposer son CV pour un stage ou un emploi définitif ne manquent pas !

 

Selon toi, quelle est l’importance du réseau ?

Le réseau, il faut l’entretenir en permanence !



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