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19 février 2019

Histoire d'entrepreneurs - Portrait de Frédérique Watremet (1988)

  • Quel a été ton parcours à HEI: formation /spécialité, vie associative, projets, stages ?

 

En terminale, quand s’est posée la question du choix de poursuite d’études j’étais très indécise. J’avais plein d’envies, plein de rêves et je n’arrivais pas à me décider. J’avais envie d’être styliste parce que j’aimais le dessin et j’étais assez créative, j’avais aussi envie d’être commerciale parce que j’avais le contact facile et j’étais très dynamique. Mais mes matières de prédilection c’étaient les maths et la physique… J’ai donc choisi de faire une école d’ingénieur, l’ESTIT, option Mécanique Générale et appliquée. Je me disais que ce cursus me permettrait d’acquérir les connaissances techniques, les bases de la production et de l’industrialisation : de véritables atouts ++ qui me semblaient indispensables pour exercer ensuite une fonction commerciale ou artistique.

 

Les cinq années passées à l’école ont été formidables, j’ai découvert le monde de l’entreprise, les industries, les matières enseignées étaient passionnantes, et il y avait une véritable émulation entre les étudiants pour s’investir dans la vie associative. C’est là que le virus de la création d’entreprise a commencé à me contaminer ; tout naturellement je me suis investie et j’ai créé « l’Élèves-Entreprise » de l’ESTIT.

 

  • Quel est ton parcours professionnel depuis ta sortie d’HEI et qu’est-ce qui t’a motivé à créer ton entreprise ?

 

Diplômée en 1988, j’ai tout de suite trouvé un job comme technico-commerciale export (dans les pays germanophones) dans une filature à Lomme. J’accomplissais mon premier rêve : voyager et vendre des produits techniques.

Un an plus tard, j’intégrais une entreprise de transformation plastique et caoutchouc comme responsable Achats et Approvisionnements ; j’y suis restée six ans. J’ai également travaillé trois ans chez Camaïeu comme responsable converting maille, puis j’ai déménagé à Reims en 1999 pour intégrer un groupe automobile (équipementier) où j’ai occupé plusieurs postes, principalement dans les achats, durant dix ans.  

Tout ce parcours m’a permis d’acquérir des compétences dans de nombreux domaines, en particulier dans la gestion et l’organisation de projets, le montage de réseaux de fabrication en sous-traitance, dans la logistique, le management etc…

La crise de 2008 a touché l’automobile de plein fouet, il y a eu des plans sociaux. Au bout du troisième plan, une petite voix en moi s’est réveillée. L’envie de créer ma boîte était toujours là, bien présente, mais cette fois j’étais prête : vingt ans d’expérience, jeune quadra pleine d’énergie, un beau projet, solide et des enfants qui commençaient à être autonomes. Je n’ai plus hésité, je me suis portée volontaire et me suis lancée dans cette incroyable aventure en février 2009, il y a exactement dix ans ! 

Mais ma motivation la plus profonde restait que j’allais enfin accomplir mon deuxième rêve : avoir ma propre entreprise et créer un job à ma mesure qui me permettrait d’exprimer ma créativité artistique, refoulée depuis 20 ans.

 

  • A ton avis, quelles sont les démarches ou les techniques importantes à connaître pour réussir le lancement de son projet ?

 

En France, l’élément absolument indispensable pour se lancer dans l’entrepreneuriat c’est le « Business model et le business plan ». C’est la première chose que demandent tous les apporteurs de fonds (banques, investisseurs, réseaux de subventions etc…).

Lors du plan de volontariat, un consultant accompagnait les porteurs de projets ; c’est lui qui m’a aidée à monter mon premier business model. C’est une étape absolument indispensable car cela permet de tout poser noir sur blanc (le modèle et le budget), sans se mentir ni se raconter d’histoires, et de mesurer la viabilité du projet. 

Mes premières démarches furent de rencontrer les professionnels de la filière : des fournisseurs de matières premières, des fabricants de matériels, les chambres consulaires, des concurrents etc…

J’ai fait une solide étude de marché (par moi-même), j’ai étudié la concurrence, le besoin, l’offre existante, les emplacements, les tendances et l’air du temps… J’ai également effectué deux stages de quinze jours en boulangerie-pâtisserie, en immersion professionnelle (conventions Pôle Emploi).

Puis j’ai trouvé un terrain où bâtir mon entreprise et ensuite, je suis partie 5 mois à Rouen pour me former dans le métier et passer mon CAP Pâtissier, indispensable diplôme pour s’installer avec le statut d’artisan. Indispensable également pour concevoir les locaux, choisir les moyens de production, les outils et être reconnu par ses équipes de fabrication !

 

  • Un conseil pour les promos sortantes ?

 

Never give up !

Accroche-toi à ton rêve et « think it possible ».

Le maître mot c’est « l’envie ».

Il faut avoir la foi, croire en soi, « sky is the limit » ! Fuir les gens toxiques, frapper à toutes les portes, saisir toutes les opportunités. S’appuyer sur ses forces et travailler sur ses points faibles… 

Je n’ai jamais douté, j’étais tellement déterminée et l’envie était si puissante que j’y suis arrivée, contre vents et marées. Et Dieu sait que les « embûches » ont été très nombreuses et de taille, mais ça c’est une autre histoire…

En avril 2011, soit deux ans après avoir quitté mon job de salariée, j’ouvrais enfin les portes de ma petite entreprise : Le Macaron Bleu.

Aujourd’hui j’ai une équipe de 10 salariés + 2 apprentis et je vais faire des travaux d’agrandissement au printemps prochain.

 

  • L’importance du réseau ? Aujourd’hui êtes-vous toujours en contact avec l’école et des diplômés HEI ?

 

Je suis restée en contact avec le réseau par intermittence et à distance. Je n’ai plus vraiment l’occasion de remonter dans le Nord, il m’est donc difficile de participer aux différentes manifestations, mais je cotise à peu près régulièrement ! 

Et en octobre dernier, j’ai eu l’immense joie de participer à la soirée anniversaire Alumni et d’y retrouver 8 de mes camarades de classe. Cela faisait 30 ans que nous ne nous étions pas revus, c’était énorme !


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